Ravel
Avec Debussy et Fauré, Maurice Ravel partage le titre de musicien “père” de la musique française du début du XXe siècle. Compositeur d’une profonde originalité, appartenant à la même mouvance que Debussy, il réalise à lui seul la synthèse de nombreuses contradictions. Formé au Conservatoire de Paris, second Prix de Rome malgré plusieurs tentatives pour obtenir le Grand Prix, il mélange curieusement, dès ses premières œuvres, des éléments très novateurs comme les chaudes sonorités ibériques (Rhapsodie espagnole, L’Heure espagnole) avec un cadre structurel très classique. Du classique, Ravel possède le goût pour la perfection de la forme et de l’écriture ; du novateur, il a l’esprit de la recherche et l’audace des sonorités inédites, souvent piquées d’exotisme et d’orientalisme. Musicien d’une exigence extrême, il explore plus en avant les possibilités des instrumentistes (avec son incroyable Concerto pour la main gauche), joue avec la matière thématique (le Boléro, chef-d’œuvre internationalement connu, n’est que la lancinante répétition d’un thème repris par chacun des instruments de l’orchestre), redore par ses dons de transcripteur bon nombre de merveilleuses partitions. Artiste discret, d’une élégance quasi aristocratique, Ravel jouit d’une totale consécration de son vivant. Il disparaît précocement d’une tumeur au cerveau en laissant à la postérité une œuvre assez réduite mais d’une formidable richesse.
Ariane Charriau



















